Un ouvrage récemment paru, sur le célèbre avocat corse Vincent de Moro Giafferi  (L’auteur préférant l’orthographe avec 2 « r » : de Moro Giafferri.), mérite qu’on lui accorde un peu d’attention. Si ce livre se veut une chronique quasi exhaustive des grands procès de la première moitié du XXème siècle, auxquels de Moro Giafferi a participé, il fait également la part belle aux liens que cet orateur de grand talent entretenait avec  la Corse.


de Moro Giafferi


Ainsi, durant l’entre-deux-guerres, de Moro Giafferi a-t-il été député de la circonscription de Bastia.  Homme de lettres, il a publié plusieurs textes consacrés à l’île de beauté et à ses compatriotes, notamment à ceux, nombreux, qui peuplaient Paris. Le palais de justice ne faisait pas exception, puisque de nombreux collaborateurs de Moro Giafferi étaient corses, tout comme certains de ses contradicteurs. Il eu l’occasion à de nombreuses reprises de croiser le fer à la barre avec son ami César Campinchi. La Corse a été son refuge lors de la seconde guerre mondiale, après l’envahissement de la zone sud. Il est vrai que de Moro Giafferi avait été, à l’occasion du procès de l’incendie du Reichstag, particulièrement virulent contre Goering  et qu’il fallait mieux prendre quelques distances avec l’occupant nazi.

Richement illustré (L’auteur ayant eu accès aux archives familiales.), l’ouvrage fait le récit fidèle d’une vie toute entière consacrée à la défense (A tel point que lors de la guerre de 1914-18, il fut un temps versé comme défenseur devant les tribunaux militaires. Seule exception à cette règle d’airain : il fut en 1956 président de la Haute cour de justice qui jugea le général  Noguès).  Il fait revivre cet amateur de bons mots et de bonne chair, viscéralement attaché à la liberté de l’avocat.

Voici un ouvrage dont, on l’aura compris, on ne peut que recommander la lecture.