J’ai lu « La jeunesse de Pasquale Paoli », premier tome d’une trilogie dessinée par Éric Rückstühl et colorisée par Jocelyne Charrance à partir d’un scénario de Frédéric Bertocchini. Pour faire simple, son père était un homme « lettré » qui n’a eu de cesse d’enseigner des valeurs nobles à ses fils, Clemente et Pasquale, telle que la Liberté, l’Union, ou encore le Respect. Nous y découvrons une grande famille corse qui, au temps des Lumières, va unifier les Corses et libérer l’île des Génois. ça, c’est pour le côté sympa de la BD. Pour le reste, je serai un peu plus critique.


La jeunesse de Paoli, tome 1


L’action se déroule entre 1730 et 1757. Et l’œuvre n’est qu’une frise historique illustrée. Nous passons de tableaux en tableaux sans vraiment de liens. Parfois même, de grandes surprises apparaissent. Je n’ai par exemple pas compris pourquoi c’est Pasquale qui a été élu général en chef au retour de son exil, et pas son frère Clemente qui lui n’est jamais parti… Qu’est-ce que Pasquale connaissait de l’île, ayant vécu 16 ans à Naples ? Les insulaires avaient sans doute une raison valable, mais celle-ci est bien mal perçue par le lecteur que je suis. Je dois avouer que le scénario est donc légèrement inexistant. Si seulement l’ouvrage était beau.

La qualité graphique est importante pour une bande dessinée. Cependant, outre un graphisme assez simple, c'est-à-dire avec peu de décors, les personnages ont des contours bruts et anguleux. Un style propre à l’illustrateur que je ne me permettrais pas de juger, mais qui ne met pas en valeur les couleurs de la Corse. J’ai parfois même l’impression que des images historiques ou des photographies ont simplement été copiées et placées dans les cases. Même les costumes « traditionnels » des Montagnards en ressortent tel des tas informes de chiffons marron. Le découpage des planches est quant à lui classique mais efficace et dynamique.

En conclusion, je dirais que cette bande dessinée est un superbe support pour un cours d’histoire corse, mais que qu’elle n’arrive pas à se soustraire de son contenu pour devenir une œuvre à part entière. J’ai apprécié les allocutions corses, la traduction présente sur les dernières pages, ainsi que les explications sur le processus de création. Si vous êtes intéressé par l’histoire de l’île, alors foncez, sinon… passez largement votre chemin.

Enfin, cela n'est qu'un avis, bien sûr !